Le problème de la diffusion est le plus difficile à envisager et doit être réglé au cas par cas.
Si l’hôpital est installé dans une grande ville, il est inenvisageable d’opter pour la diffusion hertzienne. En effet, les fréquences sont très rares (voire inexistantes) et jamais le C.S.A. (Conseil Supérieur de l’Audiovisuel) ne délivrera l’autorisation.
Pour les plus petites villes, il convient de repérer les « trous » éventuels sur la bande FM, en sachant que le minimum d’écart exigé (et nécessaire) entre deux fréquences occupées doit être de 0,4 Mhz. Par conséquent si l’on repère une radio sur 100 Mhz et une autre sur 101, on peut envisager de demander l’octroi du 100,5 tout en sachant que si les émetteurs installés sur 100 et 101 sont puissants et simplement un peu mal réglés, on risque de se faire brouiller.
Il est très difficile de chiffrer l’installation d’un émetteur dans ce cas de figure. La meilleure solution consiste à contacter la ou les radio(s) locale(s) qui peuvent être d’un grand secours grâce à leur propre matériel inutile ou de récupération.
Malgré toutes ses difficultés de mise en place, la solution hertzienne présente l’énorme avantage – dans une petite ville, répétons-le – de pouvoir dépasser les limites de l’hôpital et de créer une synergie des bonnes volontés.
La solution la plus simple techniquement est celle de la diffusion câblée. Si l’hôpital possède un bon réseau télévisé, il suffit de connecter le studio à un modulateur UHF (de modèle familial) et d’injecter le signal (directement ou par le biais d’un magnétoscope) dans le câble d’antenne de télévision de l’hôpital (en ajoutant si besoin est un amplificateur d’antenne) puis d’affecter un canal de chacun des téléviseurs au programme radio. C’est, de loin, la solution la plus économique et la plus simple à utiliser, surtout pour des non-professionnels.
L’installation du studio et l’exploitation de la radio doivent s’envisager en partenariat entre les personnels, les bénévoles et des professionnels (bénévoles) à recruter dans les radios locales. Ces derniers pourront rapidement former une équipe de techniciens parmi les bénévoles et les enfants. Il ne s’agit pas de recréer un véritable studio avec ses facilités mais aussi ses contraintes mais d’utiliser les compétences pour gagner un peu de temps dans le maniement optimal et l’installation des appareils qui sont à l’heure actuelle extrêmement évolués mais finalement d’une utilisation relativement simple.
Cette première notice a pour but de vous présenter les bases minimum nécessaires pour installer votre radio. Vous pourrez bien sûr améliorer l’installation en choisissant par exemple des locaux bien insonorisés. Vous pourrez aussi acheter du matériel professionnel (mais beaucoup plus cher) qui est entièrement télécommandable depuis la console. Nous sommes en mesure de vous aiguiller au moment de l’achat vers différentes pistes que nous commençons actuellement à centraliser, tant pour du matériel neuf que d’occasion.
Un dernier conseil (important) dans cette première présentation: ne voyez pas trop grand. Démarrez plutôt petit en gardant la possibilité de grandir ensuite. Et ce tant au niveau du studio que de l’équipe et des heures d’émissions. Je vous déconseille d’installer le studio et la régie dans des pièces séparées, « à l’ancienne ». Le peu de confort apporté ne contrebalance pas, me semble-t-il, la perte de convivialité. Pensez que votre décor, l’ambiance de votre radio, sont très importants pour vos jeunes invités qui voudront voir comment ça marche, piocher eux-mêmes dans votre stock de disques pour faire leur programmation, etc…
Dès les premières émissions, vous vous rendrez compte que rien n’est plus contraignant que la liberté que vous vous êtes donnée. Il faudra naviguer entre les influences et réussir à fabriquer avec vos jeunes des émissions qui ne ressemblent ni à celles de France-Culture ou Inter, que vous écoutez peut-être plus souvent, ni à celles de Fun Radio ou NRJ qui sera plutôt la référence de vos jeunes.
Il faudra vous dire, et leur expliquer, que vous vous êtes donné les moyens de la liberté, de l’invention, que si vous avez un auditoire-type à viser, c’est à la fois un auditoire « captif » et qu’il n’est pas susceptible d’être happé par la concurrence. Ce manque de concurrence n’interdit pas d’être vigilant sur la qualité technique des émissions mais il permet de s’aventurer en dehors des chemins (re-)battus.
Il est toutefois nécessaire d’apprendre à vos apprentis-animateurs le minimum nécessaire pour fabriquer n’importe quelle émission (programmation musicale pré-établie, même si elle peut évoluer en fonction des goûts des enfants invités, rédaction d’un conducteur détaillé en deux exemplaires pour que le réalisateur ne se contente pas de suivre les événements, etc…). Enfin, il ne faut pas craindre de laisser certains se fourvoyer carrément car ils sont fréquemment capables de se rendre compte par eux-mêmes qu’ils ont été mauvais et ils en tireront bien mieux les conséquences, surtout si on a pris la précaution de leur faire enregistrer leur émission durant sa diffusion pour qu’ils la réécoutent seuls ou en compagnie d’un professionnel qui les aidera à la critiquer.
Enfin, l’expérience m’amène à penser que toutes ces bonnes volontés doivent être encadrées par un permanent, détaché par l’établissement, qui pourra assister à toutes les émissions et à servir de fil rouge pour permettre un minimum d’homogénéité dans les programmes. Mais c’est facile à dire, en théorie… !